Pour une fois chers visiteurs inopinés du Lapinokosmos,
J'ai une envie d'écrire pour rien. J'envoie balader mes conventions ou plutôt je m'en éloigne pour mieux y revenir. Conventions de travail, conventions d'écriture, conventions de vie. Je renouvelle le contrat passé entre moi et moi. Entre mon ego et celui qui progresse sur une roue crénelée.
Je réalise que j'ai une chance extraordinaire. Je parle en "je" pour mieux dire ma bonne fortune.
Je crois avoir renouvelé une existence. Je ne sais pas mais comme le dit si bien un singe "Je ne sais pas ce qui va changer, mais ce que je sais c'est qu'un quelque chose va changer". Je me méfie du changement. Mais je ne crois pas à l'immuabilité. Immuabilité d'une existence que j'étais persuadée ne plus piloter. Panneau de contrôle moisi, les boutons ne semblaient plus répondre, un réacteur hors service. Je voulais être commandant de bord. Parce qu'on a le plus beau bureau du monde, oui. J'aurais pu mieux surplomber les abjects que j'ai semé ou rencontré.
Depuis ma rentrée en septembre dernier, je ne suis plus dans cette optique. J'ai été amoureuse. Plusieurs fois. J'ai aimé. Souvent. Je me suis désappropriée de pas mal de choses. "Lecteur, je me perds pour mieux me retrouver"(Paul Ricoeur). En lisant une nouvelle page de possibilités, j'ai retrouvé un accomplissement.
Encore et encore, je dis que j'aime. J'aime ceux que j'ai rencontré, qui m'ont toujours étonnée, intriguée... Des "types" hors vulgus. C'est comme des flambeaux au milieu d'une foule bigarrée. Je suis passée devant eux et tourne depuis autour. Je fais mes tours de manège. Enfin, j'essaie de les faire dans la mesure de mon temps de travail.
J'ai appris à ne pas attendre grand chose des autres, de cette manière, j'ai moins de risques d'être déçue. Petite récompense: ceux que je garde en mon affection. Non pas que cette attiude "cynique" me fait profit. Disons que j'ai appris une règle du jeu, un théorème par coeur. J'ai une bonne mémoire, ça devrait marcher.
J'apprends à veiller, à aider dans la mesure où je ne suis pas envahissante. J'apprends à cerner les personnes ambigues.
J'ai l'air de faire un bilan (nouvelle année, trucs à lister. C'est con, comme les jouets.), ne vous déplaise. Un merci du fond de la nuit à my mole, ma grande prêtresse, mon disciple, mon lion brocoli canardé... C'est un plaisir subtil que j'exprime. C'est un condiment de mon existence.
Autres petites joies: les publicités supprimées en fin de soirée, VDM, Emil Nolde, Klimt, le fait qu'un violeur ait commis méfait juste à côté de chez moi et que fusil à pompe de Blue serait d'usage, mon apple pie, mon concours blanc "fucké", Sanzo (et non Tapette) & Blattman.